Le Nutri-Score visible sur les emballages n’a pas disparu, mais sa méthode de calcul a évolué en France depuis mars 2025. Pendant une période de transition, une famille peut donc voir deux produits apparemment semblables porter des notes différentes, ou retrouver une nouvelle lettre sur un produit qu’elle achetait déjà. Le bon réflexe n’est pas de chercher uniquement des A, mais d’utiliser le logo au bon moment et avec la bonne comparaison.

Comprendre ce qui a changé

Le principe reste identique: le logo classe les produits de A, en vert foncé, à E, en orange foncé. Le calcul porte sur 100 grammes ou 100 millilitres et tient compte d’éléments à favoriser, comme les fibres, les protéines, les fruits, les légumes et les légumes secs, ainsi que d’éléments à limiter, comme l’énergie, les sucres, le sel et les acides gras saturés.

Le nouvel algorithme cherche à mieux distinguer les produits et à rapprocher leur classement des recommandations alimentaires. Santé publique France indique notamment qu’il repère mieux les aliments riches en fibres et qu’il note plus sévèrement certains produits sucrés ou salés. Entre 30 et 40 % des produits pourraient changer de score.

Les fabricants engagés dans le dispositif disposent d’une période de deux ans pour mettre leurs emballages à jour. Jusqu’en mars 2027, un ancien visuel peut donc encore côtoyer un nouveau dans les rayons ou dans les placards. Cette coexistence ne signifie pas nécessairement qu’une recette a changé.

Comparer des produits qui remplissent le même rôle

Le Nutri-Score est surtout utile pour départager des produits comparables. Au rayon des céréales du petit-déjeuner, on peut comparer plusieurs références entre elles. Pour un plat préparé, on peut regarder différentes marques de lasagnes. Pour un dessert, on peut comparer des produits qui seront réellement proposés au même moment du repas.

Comparer une bouteille d’huile avec une compote ou un fromage avec des céréales n’aide pas à choisir. Ces aliments n’ont ni le même usage ni la même composition. Certaines familles de produits ne commencent d’ailleurs pas à la lettre A. Une huile ou un fromage peut obtenir une note moins favorable tout en gardant une place possible dans une alimentation variée, selon la quantité et la fréquence de consommation.

Pendant les courses, une méthode simple consiste à définir d’abord le besoin, puis à comparer deux ou trois produits du même rayon. Le logo devient alors un outil de tri rapide, pas un classement absolu de tous les aliments.

Ne pas confondre qualité nutritionnelle et quantité consommée

Une bonne lettre ne rend pas un produit illimité. Le Nutri-Score évalue une composition pour 100 grammes ou 100 millilitres, mais il ne décide pas de la portion adaptée à chaque personne. Une famille doit encore tenir compte de l’âge des enfants, de l’appétit, du reste du repas et de la fréquence de consommation.

À l’inverse, une lettre C ou D ne signifie pas automatiquement qu’un aliment doit être interdit. Le logo aide à comparer, mais il ne remplace pas l’équilibre général des repas. L’objectif peut être de choisir une référence un peu mieux classée dans une catégorie souvent achetée, puis de conserver une portion raisonnable.

Cette approche évite de transformer les courses en contrôle permanent. Elle permet aussi d’expliquer aux enfants qu’un produit ne se résume pas à une couleur et que l’alimentation se construit sur plusieurs repas.

Vérifier aussi la liste des ingrédients

Le Nutri-Score complète l’étiquetage obligatoire, mais il ne remplace pas la liste des ingrédients. Cette liste présente les composants par ordre décroissant de quantité. Le premier ingrédient est donc celui qui est le plus présent dans le produit.

Pour une famille concernée par une allergie, une intolérance ou une restriction particulière, la liste des ingrédients et la mise en évidence des allergènes restent prioritaires. Le logo ne donne pas cette information.

Le tableau nutritionnel permet aussi de comparer plus précisément les sucres, le sel, les graisses saturées ou les fibres pour 100 grammes ou 100 millilitres. Il peut être utile lorsqu’un produit ne porte pas de Nutri-Score, puisque son affichage reste volontaire pour les marques.

Expliquer les différences d’étiquette aux enfants

Un enfant peut remarquer qu’un produit habituel est passé de B à C. Il vaut mieux présenter ce changement comme une évolution de la règle de calcul, pas comme la découverte soudaine d’un aliment devenu mauvais.

On peut lui montrer que le logo sert à choisir entre plusieurs produits proches. Par exemple, chacun peut repérer deux goûters comparables, lire leur lettre puis regarder le premier ingrédient. Cette petite enquête apprend à utiliser l’emballage plutôt qu’à se fier uniquement au dessin, au personnage ou à la promesse imprimée sur le devant.

Pour éviter de rallonger les courses, cette comparaison peut rester occasionnelle. Une fois qu’une famille a trouvé quelques références adaptées à ses habitudes et à son budget, elle n’a pas besoin de recommencer à chaque passage.

Garder le prix dans la comparaison

La meilleure note n’est pas toujours réservée au produit le plus cher. Santé publique France a publié en mars 2026 une analyse indiquant qu’une meilleure qualité nutritionnelle n’implique pas nécessairement un prix plus élevé. Il reste donc pertinent de comparer à la fois la lettre, le prix au kilo ou au litre et la quantité réellement consommée.

Les marques de distributeur peuvent obtenir une note identique ou meilleure qu’une marque connue. Le Nutri-Score facilite cette comparaison parce qu’il utilise le même principe de calcul pour les produits qui l’affichent.

Pour un panier familial, le changement le plus utile n’est pas forcément de remplacer tous les produits. Il peut suffire de commencer par une catégorie achetée souvent, comme les céréales, les biscuits, les plats préparés ou les desserts, puis de tester une alternative mieux classée et acceptable pour toute la famille.

Une règle simple à retenir

Avant de mettre un produit dans le panier, trois questions suffisent: est-ce que je le compare avec un aliment du même type, est-ce que la portion et la fréquence conviennent, et la liste des ingrédients répond-elle aux besoins de la famille ?

Le Nutri-Score donne une information rapide et utile, mais il fonctionne mieux lorsqu’il reste un outil parmi d’autres. Les aliments bruts, la cuisine maison, la variété et les habitudes du foyer gardent une place centrale. Le logo aide surtout à mieux choisir lorsque plusieurs produits transformés peuvent remplir le même rôle.