Une boîte en plastique passée au micro-ondes, une poêle dont le revêtement se décolle ou un récipient décoratif utilisé pour conserver un repas peuvent sembler anodins. Pourtant, la chaleur, l’usure et un usage non prévu par le fabricant peuvent favoriser le transfert de substances du matériau vers les aliments. Il n’est pas nécessaire de remplacer toute sa cuisine, mais quelques contrôles permettent d’écarter les objets les moins adaptés.
Commencer par lire les pictogrammes
La mention « convient pour aliments » ou le pictogramme représentant un verre et une fourchette sert surtout lorsque la destination alimentaire d’un produit n’est pas évidente. Ce marquage indique qu’il a été conçu pour entrer en contact avec des denrées dans les conditions prévues par le fabricant. Il peut légitimement être absent sur un objet manifestement destiné à la cuisine ou à la table, comme une casserole, une cafetière, une assiette ou des couverts.
D’autres symboles précisent l’usage autorisé: micro-ondes, lave-vaisselle, congélateur, four traditionnel ou plage de températures. Un récipient compatible avec le réfrigérateur ne l’est pas automatiquement avec le micro-ondes. De même, une boîte prévue pour transporter un repas froid ne doit pas être chauffée si aucun marquage ne l’autorise.
Lorsque les indications ont disparu, que le produit n’a plus son emballage ou que son usage reste incertain, le choix le plus prudent consiste à réserver le récipient à un usage non alimentaire ou à ne pas l’exposer à la chaleur.
Éviter de chauffer les aliments dans du plastique inadapté
Le ministère de la Santé recommande d’éviter de réchauffer les aliments au micro-ondes dans des récipients ou des emballages en plastique. L’Ademe conseille également de transférer les plats dans un contenant adapté, par exemple en verre, avant de les chauffer.
Cette précaution concerne particulièrement les barquettes de plats préparés, pots de produits laitiers, boîtes de vente à emporter et emballages qui n’ont pas été conçus pour être réutilisés. Même lorsqu’un emballage est prévu pour le micro-ondes, les instructions de préparation doivent être respectées: puissance, durée, ouverture ou perçage du film et éventuel temps de repos.
Pour les restes d’un repas familial, une solution simple consiste à conserver dans un récipient fermé adapté au froid, puis à transvaser dans une assiette ou un plat compatible avec le mode de réchauffage choisi.
Remplacer une poêle antiadhésive rayée ou très usée
Une poêle antiadhésive rayée, très usée, cloquée, écaillée ou dont le revêtement se détache ne doit plus être utilisée. L’Ademe recommande de remplacer les poêles antiadhésives rayées ou usées et de privilégier, lors d’un nouvel achat, des matériaux sans revêtement antiadhésif comme l’inox ou la fonte.
Pour limiter l’usure, il est préférable d’utiliser des spatules en bois ou en silicone adaptées, de ne pas découper directement dans la poêle et de suivre les consignes de température du fabricant.
Ne pas détourner des objets décoratifs
Un pot, une bassine, une boîte peinte ou un récipient acheté pour la décoration n’est pas nécessairement apte au contact alimentaire. La DGCCRF rappelle que des substances peuvent migrer vers les aliments lorsque le matériau n’a pas été conçu pour cet usage, notamment sous l’effet de la chaleur, du froid ou d’un contact prolongé.
Il faut donc éviter d’utiliser pour cuisiner ou conserver des aliments un objet décoratif, un contenant dont la destination alimentaire est incertaine ou un produit dont les conditions d’emploi sont inconnues. L’absence de pictogramme ne suffit pas à écarter une casserole ou de la vaisselle manifestement destinée aux aliments. Cette vigilance est particulièrement utile pour les objets artisanaux, anciens, publicitaires ou achetés sur une place de marché lorsque leur composition et leurs conditions d’emploi sont mal précisées.
Les aliments acides, gras ou très chauds peuvent être plus exigeants pour les matériaux. Une boîte convenant à des biscuits secs n’est pas forcément adaptée à une sauce tomate chaude ou à une marinade conservée plusieurs heures.
Faire un tri simple dans les placards
Un contrôle rapide peut se faire en quatre groupes:
- les contenants clairement marqués et en bon état, à conserver selon leurs usages autorisés;
- les boîtes en plastique déformées, fendues, blanchies ou fortement rayées, à remplacer;
- les poêles et casseroles dont le revêtement se décolle, à retirer de la cuisine;
- les objets sans indication fiable, à réserver à un usage non alimentaire.
Il est inutile de jeter un récipient uniquement parce qu’il est ancien si son matériau, son marquage et son état restent adaptés. L’objectif est surtout d’éviter les mauvais couples entre un matériau et un usage: plastique non prévu pour la chaleur, objet décoratif utilisé comme saladier, poêle dégradée ou emballage jetable réutilisé plusieurs fois.
Privilégier quelques matériaux simples
Pour chauffer et cuisiner, le verre, l’inox et la fonte figurent parmi les matériaux recommandés par le ministère de la Santé et l’Ademe, à condition qu’ils soient adaptés à l’usage prévu. Le bois non traité peut convenir pour certains ustensiles, tandis que le silicone doit lui aussi être vendu pour un usage alimentaire et utilisé dans les limites de température annoncées.
Le verre présente l’avantage de permettre de voir l’état du récipient et les aliments conservés. L’inox est robuste et supporte de nombreux usages. La fonte demande davantage d’entretien et ne convient pas à toutes les préparations ni à tous les foyers, mais elle peut durer longtemps lorsqu’elle est correctement utilisée.
Le meilleur choix n’est pas de rechercher un matériau présenté comme parfait. Il consiste à acheter moins d’objets, à vérifier leur destination, à suivre les instructions et à les remplacer lorsqu’ils sont réellement détériorés.
Le repère à retenir
Avant de conserver, cuire ou réchauffer un aliment, trois questions suffisent: le récipient est-il prévu pour le contact alimentaire, est-il autorisé pour cette température et est-il encore en bon état ?
Cette vérification prend quelques secondes et évite la plupart des usages problématiques. Elle est particulièrement utile dans une cuisine familiale, où les mêmes boîtes et ustensiles servent souvent plusieurs fois par semaine et finissent parfois par être utilisés bien au-delà de leur fonction initiale.


