Un enfant peut avoir besoin d’un médicament à l’école, d’un repas adapté à la cantine, d’un protocole en cas de crise ou d’un aménagement lié à son état de santé. Le projet d’accueil individualisé, généralement appelé PAI, sert à organiser ces besoins par écrit entre la famille, les professionnels de santé et la structure qui accueille l’enfant.

Le PAI concerne notamment les maladies chroniques, les allergies et intolérances alimentaires ou certains troubles psychiques nécessitant des soins ou des adaptations pendant la vie en collectivité. Il peut couvrir l’école, le collège ou le lycée, mais aussi le temps périscolaire et le centre de loisirs. Les règles générales sont détaillées par Service-Public.fr, tandis que l’Assurance Maladie précise la gestion des traitements dans son guide consacré au PAI.

Commencer la démarche avec l’établissement

La famille peut demander la mise en place d’un PAI en contactant le directeur de l’école ou le chef d’établissement. La démarche peut également être proposée par l’établissement, mais elle nécessite l’accord et la collaboration des responsables légaux.

Il est utile d’anticiper avant la rentrée lorsque le besoin est déjà connu. La préparation peut demander un rendez-vous avec le médecin qui suit l’enfant, une ordonnance et des échanges avec l’école, la cantine ou le périscolaire.

Le PAI est élaboré avec le médecin de l’Éducation nationale, le médecin de la protection maternelle et infantile selon la situation, ou le médecin et l’infirmier de la collectivité d’accueil. L’infirmier scolaire peut participer à sa mise en place.

Un point important: le PAI est destiné à un problème de santé prolongé. L’Assurance Maladie précise qu’il n’est pas prévu pour un traitement ponctuel d’une affection saisonnière. Dans ce cas, un médicament venant du domicile ne doit pas simplement être glissé dans le cartable pour être pris à l’école sans cadre adapté.

Comprendre les trois parties du PAI

La documentation Éduscol mise à jour en août 2026 formalise le PAI en trois parties indispensables:

  • la partie 1 regroupe les renseignements administratifs;
  • la partie 2 décrit les aménagements et adaptations à mettre en œuvre;
  • la partie 3 contient la conduite à tenir en cas d’urgence, sous forme standard ou adaptée à la pathologie.

Les deux premières parties sont remplies par le directeur d’école ou le chef d’établissement avec le médecin qui élabore le PAI. La partie 3 est remplie par le médecin qui suit l’enfant pour sa pathologie. Éduscol met à disposition des fiches spécifiques pour l’asthme, les réactions allergiques, le diabète, les crises convulsives, la drépanocytose et d’autres situations.

Cette partie médicale ne doit pas révéler inutilement le diagnostic. Elle vise surtout à donner aux adultes les informations nécessaires pour agir correctement, tout en respectant le secret médical.

Réunir l’ordonnance et les consignes utiles

Le médecin qui suit l’enfant précise les besoins thérapeutiques dans une ordonnance. Celle-ci doit permettre d’identifier les médicaments nécessaires, les doses, les horaires et les modalités d’administration.

Si la situation peut provoquer une urgence, le PAI doit également préciser les signes d’appel, les symptômes visibles, les mesures de mise en sécurité, les personnes ou services à contacter et les informations à transmettre aux secours. Pour une allergie sévère, cela peut inclure un auto-injecteur d’adrénaline. Pour l’asthme ou le diabète, les fiches officielles prévoient des conduites à tenir adaptées.

Lorsque le protocole prévoit l’administration d’un médicament par une autre personne que l’enfant, le PAI doit indiquer qui est autorisé à intervenir. Il vaut mieux éviter toute consigne orale parallèle qui contredirait le document écrit.

Préparer les médicaments et la trousse d’urgence

Lorsque des médicaments doivent être disponibles dans l’établissement, vérifiez avec l’école les modalités exactes de remise et de stockage. L’Assurance Maladie indique que l’ordonnance prescrivant le traitement doit être transmise au médecin scolaire sous pli confidentiel. En l’absence de médecin désigné par l’établissement, elle peut être adressée directement à l’infirmier scolaire.

Contrôlez les dates de péremption avant la rentrée, puis régulièrement pendant l’année. Si le traitement change, informez l’établissement et faites mettre à jour l’ordonnance et le PAI plutôt que d’ajouter une nouvelle consigne seulement à l’oral.

Demandez aussi où se trouve la trousse et comment elle reste accessible en cas d’urgence. Si l’enfant fréquente plusieurs lieux, par exemple l’école, la cantine et le centre de loisirs, vérifiez concrètement que chacun dispose du document et du matériel nécessaires.

Organiser les repas et la cantine

Pour une allergie ou une intolérance alimentaire, le PAI peut préciser le régime à appliquer et les conditions de prise des repas. Selon l’organisation locale, cela peut conduire à une adaptation du repas ou à un panier-repas préparé par la famille.

Si un panier-repas est retenu, demandez les règles précises de conditionnement, de transport, de conservation et de réchauffage. La solution dépend de la collectivité et du service de restauration. L’essentiel est que l’organisation soit formalisée et connue des personnes qui encadrent réellement l’enfant pendant le déjeuner.

Inclure le périscolaire et les sorties

Le PAI peut concerner le temps scolaire mais aussi le périscolaire. Lorsque l’enfant fréquente l’accueil du matin ou du soir, la cantine ou le centre de loisirs, le document doit être transmis aux responsables concernés et à la collectivité territoriale lorsque nécessaire.

En cas de voyage ou de sortie scolaire, le PAI doit être adapté aux conditions particulières du déplacement. Il faut anticiper le transport des médicaments, leur conservation, la personne qui garde la trousse, les repas et les modalités d’intervention en cas d’urgence.

Ne pas confondre PAI et aménagement des apprentissages

Le PAI peut prévoir des aménagements liés à la santé, par exemple des horaires adaptés, l’accès à certains équipements ou sanitaires, des restrictions d’activité ou des activités de substitution.

En revanche, l’Assurance Maladie précise que le PAI ne concerne pas les aménagements pédagogiques ni l’adaptation des apprentissages. Si l’enfant a besoin d’un dispositif scolaire pour compenser des difficultés d’apprentissage ou une situation de handicap, d’autres cadres peuvent être nécessaires en complément.

Cette distinction évite de demander au PAI de résoudre des besoins qui relèvent d’un autre dispositif.

Vérifier qui doit faire quoi

Avant de signer le document, relisez chaque étape concrète. Qui conserve les médicaments? Qui peut les administrer? Quels signes doivent déclencher le protocole? Qui appelle les secours? Que se passe-t-il pendant la cantine ou une sortie? Comment les remplaçants et nouveaux personnels sont-ils informés?

Le directeur ou le chef d’établissement communique le PAI aux personnels susceptibles d’encadrer l’élève. Selon la situation, cela peut concerner les enseignants, la direction, l’infirmier, le responsable du périscolaire, l’AESH ou l’Atsem.

Pour les familles qui ont besoin d’un accompagnement concernant la scolarisation d’un enfant en situation de handicap, Service-Public.fr indique également le service Aide Handicap École au 0 800 730 123, du lundi au vendredi de 9h à 17h, ainsi que l’adresse aidehandicapecole@education.gouv.fr.

Mettre le PAI à jour

La durée du PAI dépend de la situation. Il peut être établi pour quelques jours, plusieurs mois ou une année scolaire, puis être reconduit d’une année sur l’autre. Il doit être revu si la pathologie, le traitement ou les besoins évoluent.

À chaque rentrée, vérifiez les coordonnées des personnes à contacter, les prescriptions, les dates de péremption, les lieux fréquentés par l’enfant et les modalités du périscolaire. Même lorsque l’état de santé reste stable, l’organisation de l’établissement peut changer.

La checklist avant la rentrée

Avant la reprise, vérifiez ces points:

  • contacter le directeur ou le chef d’établissement pour demander ou réactualiser le PAI;
  • prendre rendez-vous avec le médecin qui suit l’enfant pour les éléments médicaux et l’ordonnance nécessaires;
  • utiliser les documents officiels du PAI et la fiche de conduite à tenir adaptée à la situation;
  • contrôler les médicaments, leur quantité et leurs dates de péremption;
  • vérifier la transmission du PAI à la cantine, au périscolaire ou au centre de loisirs si l’enfant les fréquente;
  • anticiper les sorties et voyages scolaires;
  • demander où la trousse est conservée et qui peut intervenir;
  • expliquer à l’enfant, avec des mots adaptés à son âge, à qui s’adresser et comment son protocole fonctionne.

Un PAI utile n’est pas seulement un formulaire signé. Il doit permettre aux adultes qui accueillent l’enfant de savoir rapidement quoi faire, avec quels médicaments et dans quelles situations, sans improviser au moment où un problème survient.